Trilogie d’après Catulle – Installation Vitrine diagonale 61 – Techné Riam – Marseille 2012

Extrait de la vidéo performance sur la vitrine de Diagonale 61 – Techné Riam – Marseille PAC 2012 

Extract of the video installation on the showcase of Diagonale 61 – Techné Riam – Marseille PAC 2012

Visible for a month from 21h to 24h

 

FR — Suite de 3 vidéos performance, autour du féminin éternel, « Ariane à Naxos, Shakti, Yab Yum»

Production Techné Riam, exposition performance /Diagonale 61 – PAC de l’art contemporain, 2012

EN — Suite of 3 videos performance, around the eternal woman «Ariadne to Naxos, Shakti, Yab Yum»

Techné Riam production, performance exhibition /Diagonale 61 – Contemporary art PAC, 2012

La synopsie est un phénomène sensoriel qui consiste, pour un sujet, à éprouver des sensations colorées lorsqu’il perçoit certains sons. S’inscrivant dans le cadre de la collaboration de Véronique Rizzo avec Technè/RIAM, « Synopsie n°1, Trilogie d’après Catulle » est un ensemble de vidéos en trois volets, trois tableaux en mouvement où il est question d’une synergie de formes vibratoires, dynamiques et spatiales. Catulle est un poète romain du premier siècle avant J.C. dont Véronique Rizzo s’est inspirée dans sa façon d’imbriquer différentes fictions mythologiques et de déstructurer la linéarité de la narration. Pour la réalisation de cette trilogie, l’artiste réunit des références à la mythologie grecque et indienne, à l’art abstrait et à des champs culturels qui englobent l’architecture virtuelle ou l’esthétique des jeux vidéos. Ainsi, la première vidéo de la trilogie fait référence au mythe d’Ariane à travers la structure du labyrinthe, transformant la grille de Diagonales 61 en support narratif pour le déroulement d’un jeu de fuite, figurant une tentative de libération et d’émancipation par le biais de la rencontre amoureuse. Il y a dans le travail de Véronique Rizzo une façon d’imbriquer la tradition artistique de l’abstraction géométrique et des modalités narratives hétérogènes, qui vont de la mythologie à la culture populaire. Dans le deuxième volet de sa trilogie, elle met en place une dynamique visuelle abstraite dont certains éléments peuvent éventuellement rappeler l’iconographie féministe. Le titre de la pièce Shakti, évoque l’entité hindoue de l’énergie dynamique féminine, sorte de principe actif où le mâle devient passif dans son rôle inséminateur, souvent représentée par la fusion de deux entités, masculine et féminine. Le titre du troisième volet, Yab-Yum, signifie un couple de divinités du tantrisme tibétain symbolisant l’imbrication nonduelle des deux principes masculin et féminin. L’abstraction de Véronique Rizzo rentre en dialogue avec les avant-gardes historiques, des constructivistes russes jusqu’à l’op art, en passant par l’art concret ou le Bauhaus, tout en redéfinissant, contredisant ou amplifiant ces fondements théoriques. Son travail ne fonctionne pas sur un principe d’opposition entre la rationalité moderniste et les pulsions, le romantisme débridé ou la sensualité tropicale des motifs. Il n’oppose pas non plus les formes pures et autonomes de l’abstraction et des motifs issus de la culture populaire (génériques d’émissions de télévision ou de films des années 1960-70, BD, science-fiction, cultures urbaines, musiques électroniques, psychédélisme), mais porte un regard critique sur l’impureté des formes suprématistes et fait que les formes cinétiques ont été rattrapées par l’industrie de la communication de masse, le graphisme et le design. Son travail est une affirmation intense de la puissance émotionnelle de l’abstraction.

Pedro Morais, 2012, à propos de « Trilogie d’après Catulle », installation vidéo in situ Diagonale 61 – Techné/Riam, Printemps de l’art Contemporain 2012 – Véronique Rizzo